Adoption d'un chiot :
5 erreurs à éviter les premiers jours
Le premier jour d’un chiot (ou d’un chien) dans sa nouvelle famille est un moment magique, rempli pour vous d’excitation.
Cependant, c’est aussi l’une des périodes les plus cruciales pour jeter les bases d’un attachement sécurisant et d’un comportement futur équilibré. Souvent, par excès d’amour ou par méconnaissance des besoins canins, des erreurs fondamentales sont commises et c’est bien normal, vous n’avez pas la science infuse.
Voici les 5 erreurs les plus courantes à bannir pour garantir une intégration sereine :
Erreur n°1 lors de l'adoption d'un chiot : La surcharge sensorielle
La croyance :
« Il faut que tout le monde rencontre le chiot pour qu’il soit socialisé. »
La réalité scientifique :
Le cerveau d’un chiot est submergé par le stress du changement d’environnement. Il a besoin de calme pour traiter ces nouveautés et créer des liens sécurisants avec ses nouvelles figures d’attachement (vous) et son nouvel environnement sécurisé.
Une trop grande quantité de nouvelles odeurs, bruits et mains inconnues le premier jour peut provoquer un stress durable et le rendre hyper-vigilant ou craintif à long terme.
La solution :
- Limitez l’accès : Seuls les membres du foyer immédiat doivent être autorisés à interagir les premiers jours.
- Priorisez l’observation : Laissez le chien explorer à son rythme sans le forcer à venir vers vous. Asseyez-vous au sol et ignorez-le, le laissant prendre l’initiative du contact. Vous pourrez ensuite lui proposer des caresses s’il démontre de l’intérêt pour ce type d’interaction.
Erreur n°2 lors de l'adoption d'un chiot : Négliger l'espace sécurisé de retrait
La croyance :
« Il faut qu’il puisse nous voir partout pour ne pas se sentir seul. »
La réalité scientifique :
Un chien a besoin d’avoir accès à volonté à un lieu qui lui est propre, associé au repos passif et à la sécurité.
Sans un tel refuge, il ne pourra profiter des bienfaits d’un sommeil de qualité (croissance physique et psychique, régulation émotionnel, guérison biologique, etc).
De plus, il ne pourra pas apprendre efficacement à réguler ses émotions seul et risque de dépendre de votre présence constante pour se sentir en sécurité, favorisant potentiellement l’anxiété de séparation future.
La solution :
- Le lieu sacré :
Installez un couchage dans un coin calme du salon ou de la pièce de vie.
- Association Positive :
Le premier jour, le chien doit recevoir des ressources (friandise, mastication alimentaire, jouet à mâcher, Kong fourré) uniquement dans cet espace afin qu’il associe ce lieu au plaisir et au calme.
Règle d’or :
Lorsque le chien est dans son refuge, il est intouchable et inapprochable, par qui que ce soit. Cet endroit est son sanctuaire.
Entrer volontairement dans ce Sanctuaire, engage la qualité de votre relation de confiance à court terme et risque, à moyen terme, de générer des comportement de protection de ressource, engageant votre sécurité et celle de votre entourage.
Laissez le dormir en paix !
Erreur n°3 lors de l'adoption d'un chiot : Punir un accident de propreté
La croyance :
« Il faut lui expliquer tout de suite que c’est mal en le grondant ou en mettant son nez dedans. »
La réalité scientifique :
Les chiots (et même les chiens adultes) n’ont pas la capacité cognitive d’associer une punition tardive à l’action produite il y à 2 ou 45 minutes. De plus, le corps d’un chiot est immature, ses sphincters ne peuvent résister à la pression d’une vessie pleine, et leur système nerveux inachevé ne leur permet de toute manière pas de contrôler l’élimination. Aussi, gronder un chien qui a eu un accident dans la maison lui apprendra simplement à avoir peur de vous et à se cacher pour faire ses besoins (ce qui compliquera encore l’apprentissage).
La solution :
(Conditionnement Opérant & Renforcement Différentiel)
- Ignorez l’accident.
- Nettoyez l’accident calmement.
- Récompensez massivement les réussite :
Après qu’il ait fait ses besoins dehors, c’est le meilleur moment pour valoriser ce bon comportement, et ce doit être IMMÉDIAT pour être efficace.
Félicitez-le d’abord à la voix lorsqu’il est en train de faire ses besoins dans un endroit acceptable, cela lui indiquera que c’est bien CE comportement qui attire votre intérêt, puis utilisez une récompense de très haute valeur (jackpot de friandises, pâtée en tube, jeux d’excitation) pour renforcer l’action positive. La valorisation verbale précise le comportement encouragé, la friandise motive le chien à recommencé dans le but d’obtenir.
Astuce prévention :
Sortez-le systématiquement dès le réveil, après avoir mangé, après le jeu ou toute montée émotionnelle intense (positive ou négative).
Erreur n°4 lors de l'adoption d'un chiot : Le laisser libre d’explorer
La croyance :
« Il est curieux, il faut lui donner la liberté de découvrir son territoire. »
La réalité scientifique :
La liberté totale dès le premier jour est la cause principale des accidents domestiques, favorise la destruction et la prise de mauvaises habitudes. Si le chien n’est pas sous supervision, il est libre de prendre des décisions inadaptées (mâcher la table, faire ses besoins dans un coin, etc.). Vous ne pourrez donc pas détecter les signes annonciateurs de situations d’apprentissage, et créerez des frictions qui vous pousseront vers l’usage émotionnel de sanctions.
La solution : La gestion des espaces
- L’exploration primaire :
Après votres arrivées dans son nouveau foyer, prenez 30 minutes pour explorr (à son rythme) les pièces qu’il pourra fréquenter à terme.
- Mettez des limites :
Restreignez ensuite l’accès à une ou deux pièces de vie bien sécurisées. Cela vous permettra de garder un œil sur lui tout en vaquant à vos occupations. Les barrières pour bébé seront vos meilleurs alliées dans cette situation, mais n’oubliez pas d’aménager l’espace pour l’erreur n°2.
- Sécurisation :
Éliminez tous les objets potentiellement dangereux ou coûteux (câbles électriques, chaussures, télécommandes…), il risque de se blesser avec ou de détruire un pan de votre histoire par manque de coordination corporelle.
Erreur n°5 lors de l'adoption d'un chiot : Ne pas fournir de mastication ou d'enrichissement
La croyance :
« Il a une balle, il s’occupera bien tout seul. »
La réalité scientifique :
Le stress et l’anxiété sont importants lors de l’intégration dans un nouvel environnement. Les émotions intenses son t gérées par les chiens grâce à des comportements de dérivation, dont la mastication et le léchage. Si ces besoins ne sont pas satisfaits par des activités acceptables, le chiot s’occupera effectivement bien tout seul, en se tournant vers vos affaires.
Les tapis de léchage, les jouets fourrés de nourriture et la mastication de produits comme les oreilles de lapin ont un effet direct sur la baisse du taux de cortisol (l’hormone du stress).
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La solution :
- Activités d’apaisement : Fournissez régulièrement des articles de mastication (oreilles de porc, bois de cerf) et des jouets d’enrichissement à lécher (Tapis de léchage avec du kiri ou jouet fourré à la pâtée).
- Timing clé : Offrez-lui ces ressources dans les moments d’inactivité incontournable : dans son ‘Refuge’, lorsque vous êtes occupés ou après une période d’excitation.
Le mot de la fin :
Le premier jour doit être lent, calme et prévisible. Offrez à votre chiot le temps de s’ennuyer pour lui permettre de s’acclimater et de comprendre que son nouveau foyer est l’endroit le plus sûr du monde.
Petit bonus !
1 – Suivez son rythme les premiers jours, puis glissez doucement durant les mois suivants vers votre rythme de vie habituel.
2 – Prenez le temps d’interagir avec lui et de l’observé, sans forcément vous obliger à des activités qui, d’une part, le stimuleront trop fort ou à un moment inapproprié, et, d’autre part, seront abandonnées parce qu’elles ne vous motiveront pas durablement,. Il est votre meilleur professeur dans la plupart des cas, observez, essayez, apprenez, réessayez.
3 – Il mimera bientôt vos heures et types d’activités ainsi que vos moments de repos pour le restant de ses jours (vive la synchronisation !)
Sans négliger ses besoins fondamentaux, donnez-lui les bonnes « mauvaises » habitudes le plus tôt possible ;p
Que vous rencontriez des difficultés dans son accompagnement ou que vous ayez des doutes sur vos pratiques éducatives, ne restez pas seul !
Contactez un vétérinaire comportementaliste ou un éducateur canin (respectueux des lois et de la science) ils vous aideront à surmonter vos incertitudes.
Joyeux Hunger Games à tous !
Thomas PALINKX
Educateur Canin diplômer d’Etat